Crise agricole : révolutionner la filière

La filière en Europe traverse une crise agricole d’ampleur depuis 2008. La France, 1er producteur et 2ème exportateur agricole de l’Union européenne (UE)...

NOTRE CONSTAT

La France est le 1er producteur et le 2ème exportateur agricole de l’Union européenne (UE). Elle subit donc de plein fouet les effets de la crise économique dus à l’absence d’une véritable politique réformiste en matière agricole à l’échelle européenne.

L’agriculture française est dynamique et compétitive. Si cette dernière reste la première puissance agricole en Europe, elle perd chaque année des parts de marché et de nombreux agriculteurs sont contraints de vivre à crédit ou de cesser leur activité. La fiscalité française désavantageuse, le marché des matières premières soumis à de trop grandes fluctuations, la politique agricole commune à la fois trop interventionniste en matière de normes mais sous règlementée en matière de fixation des prix, sont autant de causes du profond désarroi de nos agriculteurs.

L’Europe et l’Etat français ont fait le choix de subventionner une agriculture intensive et exportatrice au détriment d’une agriculture de proximité qui privilégie les circuits courts. C’est une politique qui n’a que trop duré. Pire encore, elle asphyxie les exploitations de petite et moyenne taille.

Enfin, l’empilement d’instances et autres commissions chargées de proposer des orientations en matière agricole, tant sur le plan national qu’au niveau des départements, sont de nature à brouiller une stratégie globale de modernisation de la filière agricole.

« La France doit se doter d’une vision à 15 ans de son agriculture. Il faut engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automatiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives ». 

NOS PROPOSITIONS

Procéder à une refonte de la politique agricole commune (PAC) afin de privilégier la qualité et non la productivité.

Assouplir la fiscalité, réduire les charges sociales et mettre en place un meilleur accompagnement financier de nos agriculteurs. Nous proposons la suspension des charges sociales pour l’année 2016 et le gel des intérêts d’emprunt pour les années 2016 et 2017.

Réduire le nombre d’instances chargées d’élaborer des orientations publiques en matière agricole au niveau département pour privilégier une stratégie de compétitivité à l’échelle nationale.

Faire évoluer le cadre des négociations commerciales entre la grande distribution, les industriels et les agriculteurs, au besoin en fixant des prix d’achat planchers pour chaque production et en fixant les taux de marges pour les différents acteurs de la chaîne agroalimentaire.

Sanctionner plus sévèrement les pratiques commerciales déloyales, notamment celles des ententes entre distributeurs qui imposent le prix d’achat des matières premières aux agriculteurs.

Ne pas tout miser sur l’export et encourager une agriculture de proximité, favoriser les circuits courts (produire et consommer local).

Mettre un terme aux sanctions européennes contre la Russie qui a fermé son marché à nos agriculteurs et notamment à nos producteurs laitiers.